Contactez-nous:
 

5 mythes classiques sur l’audit interne

Ah, les mythes! Ils ont la peau dure (comme la plupart des auditeurs 🙂 )

Dans un article publié sur le site de l’Institute of Internal Audit (IIA) en juin 2012, M. Richard Chambers, Président de l’IIA (The Institute of Internal Auditors), identifie 5 mythes classiques sur l’audit interne (« Five Classic Myths About Internal Auditing »).

Il apporte des précisions sur les raisons qui ont contribué à entretenir ces mythes. Et effectivement, il y a toujours une part de vérité à l’origine de chaque mythe.

Je vous propose dans cet article de découvrir ces 5 mythes et leur description (résumée) selon M. Chambers (mes excuses si ma traduction n’est pas optimale 🙂 ). Et pour compléter tout cela, je vous propose des pistes pour vous en prémunir 🙂

 

Mythe 1 : Les auditeurs internes ne sont que des comptables

 

  • La réalité selon Richard Chambers

M. Chambers explique que les auditeurs sont souvent perçus comme des comptables qui se focalisent sur les états financiers.

Il y a ici une part de vérité qu’admet M. Chambers car une formation solide en audit ou en comptabilité peut être utile dans une carrière d’auditeur. Mais il insiste sur le fait que les auditeurs internes traitent également d’autres sujets comme la fraude, les problèmes de non-conformité et une myriade d’autres sujets plus opérationnels. Et selon une étude initiée par le « IIA Audit Executive Center », les Directeurs d’Audit recrutent de plus en plus des collaborateurs dotés de compétences générales non-techniques (« soft skills ») et pas seulement des candidats avec une formation en comptabilité.

 

  • Les clés pour s’en prémunir

Ici, il ne faut pas y aller par 4 chemins. Je vous encourage à construire votre équipe d’audit en faisant appel à des profils et types de formations différents:

  • Recrutez aussi bien des auditeurs issus d’écoles de commerce, d’écoles d’ingénieurs que d’université… etc … A titre d’exemple, lorsque j’étais ‘Junior’ en cabinet d’audit, l’un de mes managers ‘ingénieur’ avait eu une expérience initiale de chef de chantier. Effet immédiat lors d’un audit de chantier effectué par l’équipe : nous étions briefés sur les points particulièrement « sensibles » à vérifier, et avons gagné en crédibilité vis-à-vis de nos interlocuteurs ainsi qu’en expérience.

  • Variez les expériences en recrutant de jeunes diplômés et des cadres plus expérimentés. La fraîcheur d’un jeune diplômé et le recul d’un cadre expérimenté donneront un équilibre appréciable à l’équipe et en améliorera la performance (en s’assurant bien toutefois de la cohésion nécessaire à toute équipe. Je ferai un article dédié a ce sujet)

  • Ne formez pas vos équipes qu’à la comptabilité. Diversifiez les formations. Demandez à vos clients (si vous êtes en cabinet) ou à vos collègues (si vous êtes en entreprise) de vous former sur des sujets-métiers spécifiques à vos besoins. Tout le monde y gagnera. Les auditeurs en compétences, les employés et collègues en sentiment de reconnaissance vis-à-vis de leur métier.

 

Mythe 2: Les auditeurs sont trop pointilleux et cherchent la faute

 

  • La réalité selon Richard Chambers

On parlerait ici d’auditeurs qui auraient pour but de ruiner la réputation des gens qui “font le vrai boulot”. Et la M. Chambers utilise cette image des auditeurs qui seraient comparés à un groupe qui « achève à coups de baïonnette les blessés après la bataille » et détournant l’attention de la direction de choses plus importantes. (Wow, c’est violent non ? 🙂 ).

En réalité, M. Chambers précise que les auditeurs se focalisent sur les risques majeurs plutôt que les détails. Les ressources sont limitées et donc lorsque les auditeurs passent trop de temps sur les détails, il ne leur reste plus assez de temps pour traiter les risques majeurs. N’importe quel auditeur préfèrera identifier une possibilité de réduction de coûts de 6 millions de dollars plutôt qu’une erreur de 6 dollars !

 

  • Les clés pour s’en prémunir

En fait, cette affirmation est totalement vraie. Non, je plaisante 🙂 . Mais c’est effectivement une perception liée à un objectif de l’auditeur : évaluer le niveau de risque de l’entreprise et la protéger au mieux.

Deux pistes pour atténuer cette perception :

  • Faites attention à votre approche lors de vos entretiens. Ne soyez pas agressif. A titre personnel, au début de chaque audit et de chaque entretien, j’informe mes interlocuteurs que je suis là pour auditer les process, pas les personnes.

  • Identifiez les points d’audit, certes, mais l’auditeur a également le droit de dire quand quelque chose fonctionne bien. A ce titre, il est toujours intéressant d’intégrer dans vos rapports une bonne pratique identifiée au cours d’un audit. Vous en trouverez forcément 🙂

 

Mythe 3 : Il vaut mieux ne rien dire aux auditeurs sauf s’ils le demandent spécifiquement

 

  • La réalité selon Richard Chambers

C’est effectivement un mythe qui peut être très dommageable car il a pour conséquence des audits moins efficaces et une perte de temps pour tout le monde. Si les auditeurs ont le sentiment que leur interlocuteur cache des informations (volontairement ou par omission), ils vont normalement élargir leur périmètre d’investigation pour déterminer si d’autres informations importantes ne sont pas retenues. L’objectif de l’audit est d’améliorer les opérations de la société et cacher des informations est contraire à l’intérêt de tous.

 

 

  • Les clés pour s’en prémunir

Tout auditeur s’est un jour ou l’autre retrouvé dans cette situation avec un interlocuteur peu loquace et réticent à fournir le moindre document.

Dans ce cas, il suffit de dire « Effectivement on ne connait pas tout, on est pas des techniciens, mais au final on trouve toujours »

Blague à part, ici il y a 2 conseils

  • Relationnel, relationnel et relationnel. Développez-le ! Votre interlocuteur est un client ou un “audité”, certes, mais c’est avant tout un être humain, comme vous (oui, un auditeur est aussi un être humain 🙂 ). Lors de mes entretiens, je m’efforce de discuter avec mon interlocuteur sur divers sujets (le pays, la ville, les loisirs, les vacances…etc…). Ceci permet de créer un lien, dédramatiser la relation auditeur/audité. Au final, cela vous permettra de détendre l’atmosphère pour créer une relation de confiance (que vous devez tenir, j’insiste là-dessus !), d’apprendre beaucoup de choses sur le métier de votre interlocuteur et sur l’entreprise et vous pouvez même élargir votre réseau professionnel (pensez à Linkdn…). Personnellement, des personnes que j’ai rencontré lors de mes audits sont mêmes devenues des ami(e)s. Comme quoi, un auditeur peut avoir des ami(e)s 🙂 Et si vous n’êtes pas très à l’aise pour engager la conversation, vous trouverez en bas de cet article deux recommendations de livres utiles sur le sujet : « L’art de la petite conversation » et “s’affirmer et communiquer”.

  • Basez-vous sur un programme de travail détaillé (ou au moins une checklist). Cela vous permettra d’être certains que vous couvrez bien tous les sujets souhaités. Ce sera surtout un excellent outil pour insister et revenir sur les sujets que votre interlocuteur pourrait vouloir éluder (tant que vous ne pouvez pas « ticker » la case avec confiance, c’est que la réponse à votre question est incomplète ou peu claire et donc ne vous convient pas 🙂 ).

Et surtout (oui, ca fait 3 conseils…), les rapports d’audit ne doivent pas être utilisés par la Direction Générale ou la Direction Financière pour “couper des têtes”.

 

Mythe 4 : Les auditeurs internes sélectionnent leurs cibles d’audit de manière cyclique et utilisent des checklists standards. De cette manière, ils peuvent auditer les mêmes choses, de la même manière à chaque fois.

  • La réalité selon Richard Chambers

 

Ce mythe est de moins en moins vrai au fil des ans. Les standards professionnels requièrent une approche par les risques pour déterminer les priorités et développer les plans d’audit et missions d’audit. Evidemment, certains risques justifient la répétition des audits réguliers et il existe certains types d’audit (revues de conformité demandées par le régulateur) qui ne nécessitent pas de changement de programme d’audit ou de checklist. Mais en général, l’audit interne est devenu une profession dynamique qui peut s’adapter a chaque fois que les risques encourus par l’organisation évoluent.

 

  • Les clés pour s’en prémunir

Qu’est-ce qui vous empêche de varier les sujets de mission ? Des amis (auditeurs interne d’un grand groupe du CAC 40) se sont ainsi vu demandés d’effectuer un audit de la stratégie de gestion immobilière du Groupe, mission somme toute plus originale qu’une mission de revue de conformité lambda. D’autres départements d’audit peuvent se pencher sur la stratégie de communication de l’entreprise, pourquoi pas ? (Le risque associé à la communication sur les réseaux sociaux prend de l’ampleur). Toutefois, sur ce type de sujets, assurez-vous que l’équipe staffée sur la mission tienne la route car il en va tout de même de la réputation du département d’audit interne ou du cabinet.

 

Mythe 5 : L’audit interne est la police de l’entreprise.

 

  • La réalité selon Richard Chambers

Pour M. Chambers, les meilleurs auditeurs sont ceux qui créent un lien avec leur client. Lorsqu’un auditeur affiche une attitude accusatrice ou agressive, il aura beaucoup plus de chances de rencontrer une certaine résistance. Sortir de cette image est tellement important que la plupart des départements d’audits encourage leurs clients/interlocuteurs a voir l’audit interne comme un coach, plutôt qu’un policier.

 

 

  •  Les clés pour s’en prémunir

Ah ! le fameux « œil de Moscou » !

Sur ce point (et c’est du vécu, croyez-moi :-)), tout est dans votre attitude …  et celle du Directeur General et du Directeur Financier.

Positionnez-vous en tant qu’auditeur comme un support au business avec un objectif commun avec votre interlocuteur : l’amélioration de la performance de votre entreprise ! Si vous êtes Directeur Général ou Directeur Financier, n’utilisez pas les rapports d’audit pour “couper des têtes” et sanctionner.

  • Lorsque je commence un entretien avec mes interlocuteurs (process owner), je commence par expliquer que « j’audite les process, pas les personnes »

  • Ne parlez pas à votre interlocuteur de « points d’audit » ou « règle bafouée » mais d’« axes d’amélioration »

  • Proposez des recommandations concrètes et dont la faisabilité est validée avec vos interlocuteurs (je vous donnerai des exemples concrets dans un prochain article…)

  • Et quand vous entrez dans une pièce et que vous entendez la fameuse phrase « tiens, voilà les bœufs-carottes », vous pouvez répondre avec humour que « oui, vous adorer faire mijoter vos audités pendant des heures pour les faire craquer :-)»

 

Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

Cet article vous a parlé ? Vous avez des questions ou vous souhaitez apporter des précisions ? Je vous invite maintenant à faire 2 choses :

 

  • Laissez un commentaire pour partager votre avis et votre expérience
  • Partagez cet article avec vos amis et collègues sur Facebook ou Linkdn en cliquant sur les boutons sur votre gauche 🙂

 

Et pour vous aider à initier des conversations avec vos interlocuteurs, voici 2 références utiles:

 

0 responses on "5 mythes classiques sur l’audit interne"

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

A propos

Audit Contrôle Interne accompagne les Directeurs Audit & Contrôle internes pour réussir la mise en conformité de leur entreprise avec la Loi Sapin II Anti-Corruption.

Nous sommes une équipe de consultants experts en Audit et Contrôle interne, ainsi que dans le déploiement de programmes internationaux de conformité.

Audit Controle Interne est un organisme de formation déclaré, certifié Datadock

Organisme de Formation – Référencé Datadock

top
X